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Article Taggé ‘Association des femmes élues de l’Isère’

Disparition de notre camarade et amie Aline Haberer

Nous venons d’apprendre le décès d’Aline Haberer, élue tour à tour au Conseil Municipal d’Allevard (38) de 1977 à 1989 et au Conseil Régional Rhône-Alpes de 1983 à 1992.

Aline Haberer était une battante, d’une énergie incroyable, féministe et humaniste engagée, passionnée de Culture. Chaque problème rencontré au cours de sa vie avait pour elle des solutions qu’elle décidait de développer… Sa vie, ses combats contre la maladie, celle de son maris comme la sienne se sont transformés en engagements. son amour de la justice et de l’égalité ont guidé ses choix. Aline devient et restera un exemple pour toutes les générations qui suivent.

Née Aline Veyret en 1939 à Bizonnes, petite commune de l’Isère en 1939. Fille de résistants communistes, l’engagement familial a nettement contribué à forger ses convictions et la place définitivement dans le camp des insoumises.

Après l’obtention d’une licence de Lettres modernes, Aline Veyret se marie avec Jean-Paul Haberer et ils auront 3 enfants. Passionnée par la Culture, le cinéma est son premier engagement. Elle devient très vite animatrice de cinéclub. Action qu’elle a continuée tout au long de sa vie active.

Mais la politique la rattrape. Entrée au PS en 1972, elle se présente sur la liste de gauche aux élections municipales de 1977 à Allevard. Elle est élue et fera deux mandats jusqu’en 1989. C’est dans cette période qu’elle s’engage à l’Association des Conseillères Municipales de l’Isère (ACMI) et œuvre pour que l’association devienne pluraliste.

Elle a aussi toujours été aux côtés du Mouvement du Planning Familial, pour ses conquêtes essentielles sur la maîtrise de la fécondité des femmes.

Son grand sens de la justice et de l’égalité guidera sa vie et ses engagements. Depuis 1979, Aline est présidente de L’Union Départementale des Elus Socialistes et Républicains (UDESR). En 1983, elle est donc aussi légitime que n’importe quel homme élu de l’Isère pour siéger à dans la première assemblée d’élus, du Conseil régional. Sauf que dans la liste préfigurée par Louis Mermaz, alors président du Conseil général, il n’y en aucune. Aline monte au créneau avec d’autres militantes socialistes. Après bien des bagarres et des négociations internes, elle est finalement retenue et désignée pour siéger 3 ans dans cette institution. A ce moment-là, « On lui fait clairement comprendre qu’elle a pris la place d’un homme… »

Puis, en 1986, les élus sont désignés au suffrage universel. Elle est cette fois-ci élue sur la liste socialiste pour un mandat de 6 ans. 16 femmes siègent dans cette première assemblée, sur 156 élus…

L’action culturelle y sera son domaine de prédilection. Elle s’engage afin que la Région soit en première ligne pour le financement du cinéma et du développement de l’accès à la Culture.

C’est pendant cette période que son mari est victime d’un très grave accident de vélo. Il reste tétraplégique. Aline touche du doigt les difficultés du suivi au long cours des soins médicaux comme ceux quotidiens, à la personne. Elle s’engage à Allevard dans une association de maintien à domicile.

Après son mandat régional, en 1992, elle ne sera pas reconduite en position éligible sur la liste présentée par le PS car, entre-temps, les hommes du département ont réalisé que les compétences des Régions ont pris de l’intérêt et ils s’en accaparent les places. Elle se retrouve 12ème sur la liste, sans chance d’être élue et elle n’est pas la seule dans ce cas, notamment dans les autres listes. Mais avec l’Association des Conseillère municipales, les femmes de tous les horizons politiques et démocrates, se connaissent bien et s’apprécient. Elles se regroupent donc en protestation de leur éviction des places éligibles sur les listes de candidatures des principaux partis démocrates. Ce sera Le Groupe des 29, comme le nombre de candidats pour l’Isère au Régionales. Pluraliste et démocrate, il menace de constituer sa propre liste féminine aux élections régionales de 1992 et défend activement le principe de parité de candidatures femmes et hommes à toutes les élections. En 2001, Ce groupe deviendra l’Observatoire isérois de la Parité entre les femmes et les hommes, qu’Aline présidera quelques années et qui veille encore aujourd’hui sur l’évolution du département en la matière. Le Groupe des 29 a participé très activement à l’élaboration des lois de 1999 et de 2000 sur la parité dans la vie politique.

Par ailleurs, Aline Haberer a très tôt été confrontée à la maladie. D’une part avec son mari, devenu tétraplégique à la suite d’un accident de vélo et d’autre part avec sa propre santé. Elle créée en 1994, avec un médecin cancérologue, une association de soutien et d’entraide aux femmes atteintes d’un cancer gynécologique, le GROPS 38. En effet, elle a vaincu cette maladie dans un contexte de désert social sans accompagnement solidaire. Il sera son combat au long court et elle présidera l’association jusqu’à aujourd’hui.

Mais ce n’est pas tout, Militante jusqu’au bout, Aline Haberer est aussi engagée dans le mouvement mutualiste (la Macif) dont elle a été administratrice pendant 29 ans (4 mandats, 1984 à 2013). Elle a géré le Fonds de Solidarité dont elle sera Présidente quelques années. Cet engagement lui a semblé naturel du fait de ses convictions politiques et humaines. Là aussi, elle a dû forcer les portes pour entrer dans ce mouvement mutualiste où les femmes ont été longtemps peu nombreuses ou absentes des instances de décision.

La cause des femmes a toujours été une priorité dans ses combats politiques et associatifs. Elle se plaisait à dire que « dans notre époque, nous sommes à peine sortis de l’âge de pierre de ce combat ».

Lors de notre dernière rencontre, elle laisse le mot de la fin à Louis Mermaz : « Aline est une femme… Mais elle a aussi d’autres qualités ! »

Posté à 11:14 le 15 octobre, 2018 | Lire la suite »

Premier bilan des binômes départementaux

L’AFEI vous invite à assister à la présentation de l’étude qu’elle a menée sur le fonctionnement des nouveaux conseillers départementaux et de leur binôme.

Cette présentation sera précédée d’une conférence d’Emilie Denètre, journaliste à la Gazette des communes qui a enquêté sur le même sujet et,

la soirée sera illustrée par du théâtre forum animé par la scop  » Petits pas pour l’homme ».

Mardi 14 mars 2017 de 18h à 21h maxi

à l’Espace Auvergne Rhône-Alpes,

rue Eugène Faure à Grenoble

 

la soirée se terminera par un cocktail (inscription souhaitée)

Posté à 14:25 le 14 février, 2017 | Lire la suite »

Harcèlement scolaire, l’AFEI s’associe à la campagne nationale de prévention

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S’il s’est considérablement aggravé ces dernières années notamment avec l’arrivée des réseaux sociaux. Le harcèlement scolaire est plus facile de critiquer et d’attaquer derrière un ordinateur qu’en face à face. La journée du harcèlement est une journée où collectivement, nous devons dire stop et encourager toutes les formes de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. En tant qu’élues de terrain, mais aussi mamans, nous sommes confrontées tous les jours aux dangers d’internet et au cyber-harcèlement qui provoquent une souffrance extrême chez nombre d’adolescents qui pour certains, décideront même que la vie n’en vaut plus la peine. Il est de notre devoir à toutes et à tous d’informer et d’encourager les initiatives en faveur de la communication sur le sujet afin de sensibiliser dès le plus jeune âge les enfants, en milieu scolaire, aux risques du harcèlement.

Nous souhaitons par exemple qu’un module spécifique au cyber harcèlement soit intégré dans la formation des élèves comme des enseignants afin de développer la prévention auprès des enfants. Mais cela ne suffit pas, notre rôle en tant qu’adulte  est primordial devant le danger d’internet. Il faut absolument communiquer sur le sujet avec ses enfants afin de les alerter sur les éventuelles dérives de publications, de dialogues et envois de photos personnelles entre amis, les dégâts pouvant être irréversibles.

De plus, le danger est encore plus élevé chez les filles selon une récente étude menée sur le cyber-harcèlement. 22% des filles ont été traitées de « pute » et de « salope » et 20% d’entre elles rapportent avoir été insultées en ligne sur leur apparence physique.

L’AFEI est pour une prise conscience collective, doublée d’un renforcement des sanctions lorsqu’il est fait usage d’un réseau de communication en ligne et notamment lorsque les faits ont été suivis du suicide de la victime car, aujourd’hui les faits de cyber harcèlement sont moins sévèrement punis que le vol à l’étalage ou le recel d’une bicyclette.

Posté à 12:06 le 5 novembre, 2016 | Lire la suite »